Affichage des articles dont le libellé est Cambodge. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cambodge. Afficher tous les articles

mercredi 10 septembre 2014

Angkor et toujours avec ELie et Ben (Partie 2)


Après une très courte nuit, nous nous retrouvions tous les quatre, la bouche pâteuse, les yeux mi-clos, et la tête tombante dans notre tuk-tuk de l’avant veille.

Celui-ci nous lâcha devant le Grand Angkor Vat. Nous passons le premier portail, celui qui est sensé cacher la vue sur le chef- d’œuvre. Puis… ba nan on le voit toujours pas : c’est la nuit.
Je reprends, puis, on suit le flot des lampes de poche pour s’asseoir à un endroit conseillé par une vendeuse de café qui croit naïvement qu’il suffit de nous montrer une bonne place pour qu’on lui achète un café…

C’est parti pour une attente d’une heure. Nos yeux s’habituent à l’obscurité et devinent, au loin, les vagues formes de la merveille du monde. Ca y est le soleil arrive. Les contours de l’architecture se dessinent. Le contour se remplit. Enfin le contour se colore. Je découvre la merveille à mesure que le soleil daigne me la montrer : Au bout d’une allée, se dresse une base carrée à l’intérieur de laquelle cinq tour phalliques dardent vers le ciel : Les quatre premières formant un carré au milieu duquel se dresse  la cinquième, plus grosse (elle nous vient d’Afrique ?).

Les contours se dessinent
Lorsque le soleil jaunit, on replie nos affaires : pas question de visiter le temples avec la foule qui est venu observer le lever du soleil, on le visitera plus tard.

Le soleil pointe son nez
Et hop, nous revoilà dans notre tuk-tuk direction le temple de Neak Pean, un temple minuscule sans intérêt au milieu d’un bassin d’eau protégé par des barrières.

En direction de Neak Pean
Puisque les garçons sont affamés, ils acceptent de se faire royalement arnaquer à un petit shop qui faisait des trucs dégueulasses, on (toujours les filles) les laisse manger leur pâté pendant qu’on va voir ce fameux temple qui affiche 3 étoiles mais qui n’en mérite même pas une. Une fois leur repas fini et histoire de faire style qu’ils s’intéressent à autre chose que la piscine, les garçons vont voir la déception. Ils reviennent bien vite et on demande à notre tuk-tuk de nous déposer au temple Thommanon, un ravissant petit temple qui a l’avantage de ne pas être en haut de l’un de ces escaliers aux proportions déroutantes et d’avoir une taille décente. 



Thommanon: un temple qui vous veut du bien
On visite ce petit temple en 10 minutes, avant de nous rendre à l’échoppe d’en face qui sert d’excellents pancakes à la banane. Ben et Flo ayant déjà usé de leur droit de petit déjeuner, nous regardent avec envie.
Pour une fois ils restèrent silencieux, dans l’espoir que s’ils sont sages on leur laissera gouter un petit bout. Etant de saintes femmes, Eli et moi laissions à nos hommes la fin de notre gâteau. Les discussions bêtes reprirent.

On poursuit la visite avec le Ta Keo. Comme à l’entrée de chaque temple, le garde nous demande nos tickets, et comme à chaque fois, Ben nous fit son cinéma :

« -  Le garde : ticket please
-       Ben : Cheum reap seua (Bonjour), niak sohk sabaay te (comment ça va)
-       Le garde : (il répond qu’il va bien et dit et toi)
-       Ben : Sohk sabaay tok tok (Ca va très bien merci)
-       Le garde : (naturellement il enchaine sur une autre question puisqu’il croit que son interlocuteur le comprend. Ce n’est qu’à ce moment là que Ben faisait « non » de la tête et levait les mains d’un signe d’impuissance).

Une fois le rituel de Ben effectué, nous pénétrons cette fois-ci dans le Ta Keo.

Encore une fois, il s’agit d’un temple perché en haut d’un mur d’escalade. Une fois sur le plateau du haut, on arrive sur un temple pas tellement différent du Pre Rup de l’avant veille. Les vestiges suffirent aux garçons pour s’amuser. Ils se perdirent mutuellement dans les vestiges avant d’imiter la scène du film « mission Cléopâtre » dans les pyramides. Ainsi résonnaient en écho des « Obé, Obé ?? », « Pano ? Pano ? ».

On finissait la journée avec le Ta Nei, un petit temple bien enfoui dans la jungle dont on aurait cru être les découvreurs s’il n’avait pas été inscrit dans le Routard… Comme pour le Ta Phrom, la nature se mêle à l’architecture mais à la différence du Ta Phrom, les pierres écroulées de l’édifice sont restées au centre du temple de sorte qu’on peine à atteindre la sortie du monument.

Le Ta Nei
Après toutes ces visites, nos montres nous firent réagir : il était 15 heures ; l’heure d’aller nous coucher. On se hâte de rejoindre notre hôtel pour une nuit bien méritée avannnnnnnnnnnnntttttttt : la journée piscine !!!


Elie et Ben sur le chemin du retour 
Le matin de cette seconde journée piscine, Flo s’exerçait pour pouvoir battre son copain Ben lors des jeux planifiés pour l’après-midi.

Tout à coup, le copain Ben apparut. Ni une ni deux, il était dans la piscine, prêt à exécuter le jeu planifié l’avant veille au soir : celui mettant en scène un mystérieux objet.

Les règles du jeux étaient simple : les garçons nous demandaient de cacher mes lunettes jaunes dans la piscine. Une fois les lunettes cachées ils sautaient dans l’eau et c’était à celui qui les retrouvait le plus vite qui avait gagné. En gros ils disparaissaient sous le fond de l’eau de sorte qu’on ne les entendait plus.

Cette situation était plaisante. Très plaisante. Du coup, ils fermaient les yeux,  Eli ou moi faisions mine de cacher les lunettes quelques part dans la piscine, on donnait le top départ, puis ils disparaissaient. Ce n’est qu’après 10 minutes sous l’eau qu’on lançait les lunettes dans le bassin, et le premier qui mettait la main dessus était tout étonné de les avoir trouvé parce qu’ il « avait déjà fait cette zone plusieurs fois ».

Cette technique aurait pu marcher tout l’après-midi, si et seulement si, nous n’avions pas commis une erreur fatale : nous avons à un moment lancé les lunettes trop près de Ben. Du coup, alors que celui-ci nageait sous l’eau, il vit les lunettes apparaître juste devant lui, en descendant lentement vers le fond. C’était étrange… Trop étrange.

Alors que pour les garçons nous n’étions pas fun, et nous n’aurions jamais eu l’idée de faire ce qu’on faisait, Ben accusa Flo de lui avoir jeté les lunettes sous le nez. Flo démentait.
S’en suivit une petite enquête pour savoir qui disait vrai. Les garçons en venaient maintenant à calculer le temps que mettaient les lunettes pour toucher le fond de la piscine.  Environ 20 secondes. Or vu que le jeu a débuté depuis plus de 20 secondes c’est forcément que quelqu’un les a jeté en cours de jeux. Ca ne pouvait pas être les filles car pas fun. Il n’y a personne d’autre autour de cette piscine. Du coup c’est sure : c’est Flo.

Compte tenu de leur désaccord sur l’énigme du précédent jeu. Ils décidèrent d’en changer.

Les règles du second jeu étaient les suivantes : A tour de rôle Ben et Flo nous faisaient un spectacle aquatique que nous (les filles) devions noter sur 20.

Ben commença. Tout d’abord il salua le jury (pour pas grand chose d’ailleurs car nous n’étions pas sensibles à ces failloteries) puis il annonça sa chorégraphie :« Mesdames je vous présente la Roue Coulette et son ballet aquatique ».
Puis, il avança la chaise longue jusque sur le bord de la piscine. Debout sur la chaise longue, il commença une roue qui devait se terminer dans la piscine. Il ressortit la tête de l’eau pour continuer avec des pirouettes alternées par quelques brasses et ressortit fièrement du bassin. J’avoue qu’il nous avait épaté avec sa Roue Coulette. Nous lui octroyâmes la note de 17. Flo avait la pression. Il nous fit sa chorégraphie qui n’était qu’une pâle copie de celle de Ben. Il perdit la manche.

Heureusement pour Flo, Ben allait se vautrer royalement lors de la seconde manche. Pour celle-ci, Ben était déguisé avec un sceau sur la tête (celui qu’il avait trouvé dans le cagibi de la femme de ménage), une serviette mise à la manière Batman, et des lunettes de soleil. Il sauta à l’eau et simula une noyade étranglé par sa cape. En gros la chorégraphie c’était du cafouillage dans l’eau puis plus rien. Flo avait ses chances, et il ne nous déçut pas. Il commença pas une magnifique roulade arrière qui débutait sur la chaise longue pour finir droit comme un « i » dans l’eau, puis une longueur de brasse, il sortit dignement de l’eau avant d’enchainer sur des pas chassés autour de la piscine. Tout à coup il s’allongea au bord du bassin. Tel un robot, il leva un bras, attendit 2 secondes, leva une jambe et roula son corps un quart de tour pour retomber dans l’eau. Il enchaina ensuite avec de gracieux pas de danseuse étoile, les bras tendus joints au dessus de la tête, en chantant un air d’opéra. Le barman qui passa par là ne pouvait retenir son rire moqueur. Gênés par ces pratiques étranges, il s’éclipsa toutefois.

Au grand dame des garçons, les jeux aquatiques prirent fin au moment où, lors d’une bataille en corps à corps, Flo heurta le rebord pour s’écorcher le dos. Il était temps de rejoindre notre restaurant fétiche avant de filer nous coucher pour la dernière journée dans les temples d’Angkor.

Lors de cette dernière journée, le frère et la sœur de Ben, Seb et Mélène, nous avaient rejoins. Nous étions désormais un convoi de 2 tuk-tuk.

On commençait par la visite du Bantey Srey dit « la citadelle des femmes ». Je crois que c’est mon favori. D’abord parce que c’est un temple plat, donc pas besoin d’escalader des escaliers mal pensés, ensuite parce qu’il est en grès rose (c’est mon petit côté Hello Kitty), et enfin en raison de la finesse de ses sculptures. C’est d’ailleurs pour cette dernière raison qu’il est appelé le temple des femmes : seuls les doigts d’une femme peuvent parvenir à une telle finesse.

Bantey Srey ou la finesse du travail des femmes
Il aura suffit de lire cette phrase aux garçons pour que ceux-ci cherchent les défauts de l’édifice et affirment que ce n’était de loin pas leur préféré.

Les machos cherchent des défauts à l'édifice
Une vingtaine de minutes plus tard nous rejoignons nos tuk-tuk direction Kbal Spean présentée par les guides comme étant une rivière dont le lit a été entièrement sculpté. Flo veut absolument voir ça. Son entrain se propage et on y va. Après 30 minutes de tuk-tuk et une heure de marche dans la jungle (le sentier ne pouvant être emprunté par un tuk-tuk) sous une chaleur écrasante, nous y sommes. Désillusion. Il y a une rivière au fond de laquelle gisent une dizaine de pierres sculptées en bas relief. Rien de spectaculaire. Heureusement, la rivière se transforme en mini cascade à un endroit, du coup on en profite pour se rafraichir puis c’est reparti pour encore une heure dans la jungle et une demi-heure de tuk tuk.

Kbal Spean: le lit sculpté de la rivière
On poursuit par le Bayon, l’ancêtre des caméras vidéosurveillance. C’est encore un temple-montagne. Mais une fois arrivés sur le plateau du haut, on ne fait pas les malins : On est surveillés. Toutes les tours de ce temple (et il y en avait pas mal !) étaient surmontées de quatre visages mystérieux regardant dans toutes les directions. 200 énormes paires d’yeux nous scrutaient. On était intimidés au point que nous repartîmes sans avoir effectué le moindre faux pas.

Elie se tape une barre avec les géants de pierre

Petite énigme: combien de visages voyez vous sur cette photo? Mettez votre réponse en commentaire, nous y répondrons toujours dans les commentaires dans 3 jours.
En même temps que nous quittions le Bayon, nous quittions Ben et Eli pour les laisser profiter de leur famille et on prenait la direction d’Angkor Vat : quitte à en finir avec les temples d’Angkor, autant finir par « le » chef-d’œuvre. On n’est pas déçus par la richesse de l’intérieur. Parmi les éléments les plus spectaculaires, je retiens les fresques gravées en bas reliefs sur tous les murs de l’édifice. Nous avions des scènes de guerre, de justice, du Ramayana et j’en passe, qui animaient et rendaient vivant un lieu déserté depuis des siècles.

A la lumière du soleil couchant

Passionnée par une scène de guerre


Mon Mac oblige (il a rendu l’âme et il faut l’emmener chez un réparateur), nous quittons Siem Reap, le Cambodge et ses piscines pour rejoindre la fourmillante Bangkok, sur le chemin de la Malaisie qui nous attend.

dimanche 7 septembre 2014

Angkor... et toujours avec Eli et Ben (partie 1)

Siem Reap, enfin une jolie ville ! 
Alors que les villes Cambodgiennes que nous avons jusqu’à présent visitées laissent à désirer d’un point de vue beauté, Siem Reap remonte le niveau national !

Nous ne nous y attendions pas : elle nous était seulement présentée par nos  guides comme étant la ville dortoir pour visiter la célèbre citée d’Angkor. Il faut croire qua la vieille grande sœur fait de l’ombre à la petite jeunette. Comme une adolescente, cette jeune rebelle a un style bien différent de la vieille aînée ainsi que de ses voisine : elle opte pour le style sud américain. Le centre ville se compose donc de grandes demeures rouges ou jaunes sous les arcades desquelles le passant de ballade à une allure nonchalante. Il faut dire que sur ce dernier point la ville n’est pas forcément une rebelle, le rythme de vie  Cambodgien étant à mon avis très similaire au rythme Sud-Américain. 

Profitant de cette excentricité, on fonce dans le premier bar venu pour commander un Mojito, (j’avais d’ailleurs oublié à quel point c’était bon). Puis Florent ne tient plus. Son copain Ben qui, à la différence de moi, trouve tous ses jeux super marrants, lui manque. Flo regarde son facebook et son visage s’illumine : son copain Ben lui a écrit et lui propose qu’on se retrouve le plus vite possible. Ni une ni deux le rendez-vous est fixé pour le soir même et puisque le temps passe trop lentement sans le copain Ben, ils ne se quitteront plus de la semaine. 

Au dîner ce soir là, c’est donc avec le plus grand des plaisirs que nous planifions tous les quatre la semaine qui nous attendait. 
Mais nous ne planifiions pas tous exactement la même chose. Flo et le copain Ben planifiaient les jeux dans la piscine tandis qu’Elie et moi planifiions la visite de cette nouvelle merveille du monde. 

Le Lonely et le Routard nous proposaient des circuits tout préparés mais ça ne me convenait pas vraiment. Moi je voulais voir tous les sites les mieux notés, et les autres ce serait si on a le temps ! Me voilà donc à scruter les plans de la cité antique et à créer notre visite sur mesure, laquelle devait s’étaler sur trois jours. 

Là vous vous dites comment ça se fait que je parle de « 3 jours de visite » et de « une semaine à Siem Reap », c’est pas cohérent !?!

Et bien si : il fallait concilier à la fois les attentes des filles qui ne souhaitaient, du fait de leur esprit curieux et éclairé, que se cultiver d’avantage et les attentes des garçons qui consistaient à barboter dans la piscine. Ce serait donc un jour sur deux. 

Premier jour donc, 6 temples nous attendaient : Ta Phrom, Bantey kdei, Pré Rup, le Mébon Oriental, bantey Samre, et le Bakong. 

Il y en avait pour tous les goûts. Le premier (Le Ta Phrom), je le qualifierait de romantique. Il fait penser au château de la belle au bois dormant : prisonnier d’une végétation qui le déforme mais le sublime à la fois. Alors que je suis essentiellement sensible aux monuments tandis que Flo est d’avantage sensible à l’environnement naturel, nous sommes tous les deux  comblés. Pendant que je disais « Et regarde Flo, cette porte de oufff », celui-ci me répondait « Ohh, Trop beau l’arbre au dessus ». 


l’un dans l’autre, c’est pas mal quand même


Le second, le Bantey Kdey, contenait une salle de danse soutenue par des piliers sur lesquels sont gravés des asparas, danseuses qui divertissent les Dieux. Les garçons qui n’écoutaient que d’une oreille distraite les explications données, s’étonnaient de ne pas trouver de podiums avec des gogo-danseuses en sous vêtements. Frustrés de cette visite, ils nous demandent donc de faire les asparas. En bonnes poires pleines de gentillesse, Eli et moi nous exécutions. 

les gogo danseuses des temps anciens


 
Deux bonnes poires

Le troisième, le Pré Rup, ne répond à mon avis pas aux normes d’accessibilités des personnes à mobilités réduites. Il était perché en haut d’un immense escalier dont la largeur des marches ne faisait même pas la taille de nos pieds tandis que leur hauteur excédait celle de nos cuisses. On monte donc pendant 10 minutes, on fais le tour d’un temple insignifiant pendant 2 minutes, puis on redescends, 10 minutes encore.

Ca c’était avant de monter les escaliers.

Nan mais sérieux, c’est qui l’architecte qui a conçu ces escaliers ?


Le quatrième temple, le Mébon Oriental, ressemble pas mal au Pré Rup à deux détails près : d’une part les escaliers étaient moins dur mais d’autre part et surtout, il était gardé aux quatre coins par des Eléphants. C’était beaucoup plus fun ! On regarde à droite, puis à gauche, c’est bon, pas de garde. Une, deux, trois, on se hisse sur l’Eléphant. Pour ça pas trop de soucis. La descente en revanche était un peu plus sportive. 


Un couple qui regarde dans la même direction : c’est beau
Les deux derniers temples n’ayant aucun intérêt fun, je vous les épargne. 

Je pense sincèrement vous avoir exposé avec la plus grande exactitude les éléments à savoir sur ces temples, toutefois, si par le plus grand des hasards vous souhaitez en savoir d’avantage sur ces derniers, n’oubliez pas l’idiome de base «google est votre ami ». 

Exténués par ces visites, parce qu’on dirait pas comme ça mais la visite d’un temple c’est long et fatiguant, on rentre à Siem Reap et on donne rendez-vous à Ben et Eli le lendemain à notre hôtel, qui a une meilleur piscine que la leur, pour une journée garçons : une journée dans l’eau ! 

Le lendemain donc Flo et Ben rivalisaient d’idées bêtes dans l’élaboration de leurs jeux aquatiques. « Comment ça d’idées bêtes » vous direz-vous, « un cache-cache, un chat perché n’est pas forcément bête, c’est juste enfantin ». Certes. Mais, il ne s’agissait pas de ces indémodables. Ils en créèrent d’autres avec la prétention de croire que c’était des jeux de oufff, bien supérieurs aux cache-cache ou aux chats perchés.

Après un petit exposé des règle de l’un des jeux, je vous laisse seul juge de la qualité de ces inventions :

Il s’agissait de se mettre allongé sur le ventre à l’endroit du bassin où la profondeur de l’eau n’excédait pas 20 cm. Les pieds devaient toucher l’un des bords de la largeur de la piscine et les bras devaient être tendus vers l’avant. Au moment dit, il s’agissait de pousser avec ses doigts de pieds contre le rebord (interdiction à la flexion des genoux) et de voir jusqu’où cette poussée menait votre corps. Celui qui allait le plus loin avait gagné. 
Compte tenu de la nullité de tels jeux, je vous épargne les règles des autres. Pendant ce temps nous, les filles, on lisait, on bronzait, et… on les regardait. Evidemment, comme si le fait d’inventer des jeux nuls n’était pas suffisant, les garçons exigeaient que nous les regardions, pour voir leurs prouesses de doigts de pieds. 

Le soir venu, nous découvrions le restaurant qui devait devenir notre cantine jusqu’à la fin de notre séjour à Siem Reap. Même pendant le repas, les garçons faisaient marcher leur petit cerveau au profit des jeux aquatiques. Je tendis l’oreille et entendis ce qui les faisait vibrer. 

« - Florent : J’ai trouvé un jeu, mais laisse tomber comment il est ouff… En fait, on va prendre un objet…. » ;

- Ben : Oh !!!!! t’as pensé à ça, t’as pensé à ça : Ohhhh j’attends d’avance après demain, je m’en délecte d’avance ». 

Mais au lieu de penser à après-demain, il fallait penser à demain. Nous (toujours les filles) tirèrent donc les écervelés de leur discussion futile pour leur rappeler la dure réalité à venir: un réveil le lendemain, à 4h30 du matin pour admirer le lever du soleil sur Angkor Vat, le temple le plus majestueux de la série des temples d’Angkor. 

Allez, bonne nuit, tout le monde, on se retrouve demain. 

samedi 30 août 2014

Koh Rong : Nager dans les étoiles

Nous retrouvons donc nos nouveaux amis, Ben et Eli, pour nous rendre sur l’île de Koh Rong, au large de Sihanoukville.
Il s’agit de la plus grande île Cambodgienne, et relativement touristique sur toute sa partie la plus proche du continent. Mais nous, on ne va pas là où l’on risque de croiser d’autres touristes. On nous avait parlé d’un hôtel nommé Lonely Beach qui se situe complètement de l’autre côté de l’île. Et c’est donc là bas que nous nous rendons. Une fois n’est pas coutume, nous avions réservé à l’avance un Bungalow. Et nous avions bien raison, car les ferries habituels qui rejoignent l’île ne vont jamais aussi loin. Et le seul moyen de s’y rendre est grâce au petit bateau de pêche de l’hôtel lui même. Celui-ci ne part même pas du même ponton touristique, mais d’un petit ponton où l’on ne croise que des locaux.
Nous embarquons donc à bord du rafiot pour une traversée de 4-5h sur une mer qui n’était pas vraiment d’huile. En effet, même s’il ne pleuvait pas ce jour là, le ciel gris foncé n’annonçait rien de bon pour un tel voyage. Bref, on s’installe comme on peut en se servant des gilets de sauvetage comme d’oreillers. Ben et moi en profitons même pour faire un petit somme, pendant que les filles font des trucs de filles (nettoyage de doigts de pied, recoiffage  toute les 5 minutes, etc…).

Un roupillon bien confortable
Au bout de quelques heures, on dépasse une baie où la mer est d’huile pour arriver sur une mer nettement plus agitée. Là, difficile de dormir avec toute l’eau qui nous éclabousse à chaque clapot du navire. On distingue au loin une grande plage de près d’1km avec pour arrière plan de nombreux palmiers. Il me semble même distinguer un homme sur la plage. C’est bien ça, on se dirige droit dessus. Par contre je ne discerne pas de ponton pour débarquer, et avec la mer dans cet état, hors de question de rapprocher le bateau à moins de 50m de la rive. Heureusement, ils ont tout prévu, une petite annexe est accrochée à la proue du bateau. Après une vingtaine de minutes durant lesquelles le capitaine a du réparer une partie du moteur de l’annexe en question, nous débarquons en 2 voyages, pour ne pas risquer de renverser la coquille d’œuf sur une méchante vague.
Autant vous dire qu’on n’est pas mécontents de fouler la terre ferme à nouveau. Sur la plage notre hôte nous attend : Dany « citoyen du monde avec un passeport Français » selon ses propres termes.
Dany, citoyen du monde
Il nous guide jusqu’à notre bungalow : monté sur pilotis, il fait face à la mer et sa petite terrasse abrite un hamak. Le confort intérieur est assez sommaire mais parfaitement suffisant : 2 grands lits (nous le partageons avec Ben et Eli) protégés par une moustiquaire et une « salle de bain » avec une grande réserve d’eau à la surface de laquelle flotte une casserole en plastique pour nous laver. 
On va faire une petite balade sur la plage et on en profite pour aller nous baigner et jouer dans les vagues avec l’un des chiens du coin.
Une baignade canine
C’est une fois dans l’eau qu’on se rend vraiment compte de notre situation exceptionnelle. En effet, en plus d’être tout seul sur la plage, il n’y a rien d’autre sous nos yeux que les palmiers  et les quelques bâtiments en bois de l’hôtel.  Pour que vous réalisiez vraiment l’isolation de l’endroit, le premier village se situe à près de 40 minutes à pied de l’hôtel, il n’y a pas de route, et on y a même tourné une saison de Koh Lanta.
Après avoir assisté au coucher de soleil (bien que le soleil ne soit que vaguement devinable), nous retournons à la salle commune pour diner. Des assiettes gargantuesques nous sont servies et nous commençons à discuter avec Dany. Il se révèle être l’opposé de ce que nous croyons, et nous découvrons un homme au cœur d’or, menant une vie simple par choix, mais également ayant gardé la tête sur les épaules. Après une longue discussion passionnante, il nous apprend que sa plage est aussi belle la nuit que le jour. En fait, la mer, à cet endroit précis, est remplie de plancton luminescent qui s’illumine avec le mouvement de l’eau. Ben et moi décidons immédiatement de retourner nous baigner tandis que les filles, bien moins enthousiastes à l’idée de plonger dans la noirceur de l’eau nous regardent de la plage.
Nous, les garçons, on fait la course à celui qui arrivera le plus loin dans l’eau sans se vautrer. Je ne suis pas certain du gagnant, toujours est-il que nos yeux pas encore habitués à l’obscurité ne discernent pas vraiment les fameuses lucioles. Et puis ça y est, on trébuche et notre regard se retrouve au niveau de l’eau. Ni lui, ni moi, n’avions vu une chose pareille auparavant. Les étoiles qui manquent au firmament ce soir, on les retrouve tout autour de nous, qui scintillent autour de nos mains, et dans le roulis des vagues. A cette vue nous tentons de convaincre les filles de nous rejoindre. Elles daigneront tremper les pieds, mais c’est à peu près tout. Ben et moi on batifole en essayant d’attraper les fameux planctons, pour les montrer à l’autre. Malheureusement, ils ne semblent pas vraiment comprendre le sens de ce jeu, et s’éteignent dès qu’on croit les tenir. C’est pas grave, ce divertissement nous occupe pendant une dizaine de minute, tandis que les filles contiennent « difficilement » leur envie de nous rejoindre pour jouer avec nous, pour finalement y succomber et profiter du spectacle avec nous.
Le fameux plancton
C’est donc le baume au cœur que nous allons nous coucher après ce bain de minuit, plein d’espoir pour la journée du lendemain.

Et quelle journée ! Un seul mot pour la décrire : PLUIE. Voilà, la journée entière est expliquée en ce mot de 5 lettres. C’est, pour Sibylle et moi, la première grosse pluie du voyage et ça ne nous démoralise pas plus que ça. Mais quand on a 1 mois de vacances qu’on veut passer au soleil, comme c’est le cas pour Ben et Eli, une journée comme ça leur met le moral à zéro. Ils décident donc de repartir le lendemain matin pour une destination plus prometteuse.
Le club des 4
Le jour dit, et après s’être promis de se retrouver à Siem Reap pour visiter Angkor ensemble, nous les regardons s’éloigner sur la petite annexe du bateau de pêche. Le moteur est en panne et c’est donc 2 employés de l’hôtel qui les propulsent à la nage à l’assaut des rouleaux qui labourent la plage. La barque monte presque à la verticale à chaque vague, mais ils finissent par embarquer sains, saufs et presque secs avec leurs bagages.
Une traversée bien au sec
Quant à nous on commence à distinguer du ciel bleu et nous décidons de partir explorer les environs. Le village le plus proche se situe, comme je l’ai déjà dit, à 40 minutes de marche à travers la jungle. Nous voilà donc à suivre un sentier sinueux qui se transforme parfois en petit cours d’eau. Après environ 25 minutes, nous émergeons de la jungle pour découvrir des prairies, puis, nous arrivons enfin dans un minuscule village. On repère une école primaire, une maison qui sert de temple (on voit les longues robes oranges sécher au balcon) et quelques maisons. Une femme en train de préparer son déjeuner nous sourit et semble prise d’un léger fou rire en nous voyant nous approcher pour la prendre en photo. Après avoir fait le tour du patelin, nous faisons demi tour et retournons à l’hôtel.
Le sentier ruisseau
La prairie après la jungle
Un sourire local
Les moinillons en vadrouille
Bien qu’il ne pleuve pas trop, le vent s’est levé sur la plage et les palmiers nous le font savoir.
Sibylle bronze au soleil
Nous décidons de ne pas nous attarder et de quitter l’île le lendemain.
Dany nous prévient d’être prêt à 6h du matin, car il est possible que son bateau ne puisse pas venir nous chercher et nous devrons donc nous rendre jusqu’au village pour y prendre le bateau commun de 7h en direction du continent.
Nous préparons nos affaires, et passons une courte nuit, avant de nous réveiller pour prendre un café tandis que Dany nous confirme le besoin de nous rendre jusqu’au village.
Comme on discute on ne voit pas le temps passer, et Dany réalise soudain l’heure qu’il est. « Si on veut pouvoir attraper le bateau il va falloir courir » nous dit-il.
On entame donc le trajet au petit trot, tandis que Dany et l’un de ses employés portent nos gros sacs à dos. Une fois qu’on a pénétré dans la jungle je pense voir Dany ralentir, mais non, on continue à courir. La course et moi c’est pas vraiment l’amour fou, et pour Sibylle (qui n’aime déjà pas vraiment marcher) non plus. Du coup, on finit par adopter l’allure d’une marche rapide. On effectue le trajet de la veille en à peine 30 minutes, et on arrive à temps. D’une certaine manière, on est content d’avoir eu à nous rendre à nouveau au village, car on réalise qu’on n’en avait vu qu’une toute partie. En effet, le village s’étend jusqu’à la mer et le long d’un bras de mer qui devient une rivière.
Le village de pêcheurs
De nombreuses maisons de pêcheurs s’y alignent, nous donnant un aperçu de la vie locale. Alors que l’on attend le bateau dans une boutique le long du bras de mer, on nous explique qu’il faut nous rendre directement sur la plage, car la marée est trop basse pour que le bateau puisse venir à nous. Nous revoilà donc à nouveau au galop en direction de la plage. Depuis que le soleil s’est levé, un ciel bleu sans nuage nous surplombe et on commence à se demander si on n’aurait pas mieux fait de rester un jour de plus. Enfin, il est un peu tard pour se poser la question, d’autant plus que l’annexe du bateau arrive pour venir nous chercher. Une fois à bord, elle prend la direction du gros navire qui nous ramènera au continent. Mais, au bout de quelques centaines de mètres, le bateau fait demi tour, il semblerait qu’il ait oublié 3 personnes sur la plage. Alors que nous retournons au point de départ, Dany, qui était toujours là, nous demande sur le ton de la plaisanterie:
« Vous avez décidé de rester un jour de plus ? »
« Non, on dirait qu’on a oublié des passagers » lui répond-on.
Sibylle et moi échangeons un regard, allez, se dit-on, c’est vraiment trop con.
« Si on reste tu nous fais le même tarif ? »
« Bien sur »
C’est parti. On débarque nos sacs et on y retourne, mais cette fois-ci, à notre allure.
Cette journée qui a commencé si tôt on en profite à fond, d’autant que le soleil est là…
Lonely Beach quand tu nous tiens

Jusqu’au milieu de l’après midi, en tout cas. A partir de là, le vent se lève et les rouleaux qui s’écrasent sur la plage se font de plus en plus gros. Une famille d’Australiens doit arriver dans l’après midi, nous confie Dany. Vu l’état de la mer, on lui demande si il est déjà arrivé que son annexe chavire à cause des vagues. « Jamais », nous répond-il. « Mais on n’est pas à l’abri d’un accident ».
Peut-être aurions-nous mieux fait de nous taire.
La famille arrive enfin après 5h de bateau. L’annexe n’a toujours pas de moteur, c’est donc Dany et 3 employés qui s’en chargeront. La mère et la fille embarquent avec leurs bagages. La traversée risque d’être sportive vu la taille des vagues. Dany et son équipe propulse le bateau sur les vagues en tachant de le garder perpendiculaire au roulis. La première passe, puis vient la deuxième et la troisième. Les hommes perdent prise et le bateau commence à tourner dangereusement, arrive la quatrième vague, le bateau se trouve désormais complètement parallèle aux flots. Pas besoin d’être un génie pour savoir que la prochaine vague risque de faire du dégât. Ca y est le bateau est vertical, les femmes sautent à l’eau. Je trouve la scène assez cocasse, mais Sibylle me montre les valises qui flottent et s ‘éloignent rapidement  de l’annexe, la coque en l’air. Je ne rigole plus du tout. C’est une chose de tomber à l’eau, c’en est une autre d’avoir toutes ses affaires trempées sur une île où même mon maillot de bain n’a pas séché en 2 jours. Je cours à l’eau et me dirige vers les valises. Le temps que j’arrive, je récupère l’une d’elles que l’un des employés n’arrivait pas à soulever en dehors de l’eau et la pose sur ma tête. Je ne sais pas combien elle aurait du peser, mais après un bon bain d’eau de mer, elle faisait facilement le double. L’eau dégouline sur mon visage en un flot continu, et j’espère qu’il n’y avait pas d’affaires précieuses ou électroniques dedans.
Le reste des affaires seront acheminées plus tard dans des sacs waterproof, tandis que l’on traine l’annexe jusqu’à la plage pour la vider.
Lorsque l’on rencontrera officiellement la famille au diner, on réalisera que les parents prennent l’aventure avec beaucoup de philosophie, car rien d’important n’a été endommagé. Le fils quant à lui nous explique, non sans une pointe d’espièglerie que toutes ses affaires à lui sont sèches : en effet, sa valise a été perdue à l’aéroport ! Une vraie famille chanceuse quoi.
Cette fois-ci on repart le lendemain, car on ne peut plus rallonger : on doit rejoindre les autres à Angkor.
Le jour du départ, la mer est d’huile et le soleil promet de briller toute la journée. Et c’est donc sans souci que Dany et son équipe nous poussent jusqu’au bateau.

On quittera l’île avec un pincement au cœur car l’expérience d’une plage déserte coupée du monde (pas d’internet, ni de téléphone) restera inoubliable. Dany représente l’une des personnalités fortes de notre voyage, et son hôtel constitue à lui seul un incontournable du Cambodge.
Au revoir Dany, et merci de nous avoir permis de découvrir ton paradis.
Au revoir Dany