Affichage des articles dont le libellé est Vietnam. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vietnam. Afficher tous les articles

vendredi 22 août 2014

Saïgon la libérale

(Parce c’est plus distingué que « la pute » de l’élégant proverbe français « Hanoï la prude a vaincu Saigon la pute »).


Saigon ou Ho-Chi-Minh ? Pour ma part ce sera Saigon. Pourquoi ? D’une part parce que c’est son nom depuis le XVIIème siècle et d’autre part parce que les communistes du nord vietnamien ont imposé aux nationalistes du sud le nom de l’oncle Ho à cette ville comme pour marquer au fer rouge leur victoire sur le Vietnam du sud. Etant à la fois vieux jeu et anti-communiste, j’opte donc pour le nom de Saigon. 

Ici pas de monuments spectaculaires, pas de musées incontournables, pas de paysages ou de perspectives à couper le souffle, mais une ambiance. Et quelle ambiance !

Ca commence avec le ballet des motos. A chaque carrefour, à chaque rond point, et chaque feu on vous sert un troupeau de deux roues entassées les unes sur les autres comme les utilisateurs de la ligne 13 du métropolitain parisien aux heures de pointes, sans toutefois que cet entassement ne les freine. On avait donc une masse informe qui se déplaçait telle une pâte à gâteau géante qui se déverserait d’un saladier incliné. 

Ca m’obsède, je suis désolée j’aurais pu trouver une autre comparaison mais j’ai tellement envie d’un gâteau au chocolat ou d’un clafoutis aux pommes que ma main sur le clavier a devancé l’expression de ma bienséance. 

On préfère donc flâner sur les trottoirs pour ne pas risquer nos peaux. Les magasins qui les bordent sont, pour beaucoup d’entre eux, différents de ceux qu’on a pu voir jusqu’alors dans ce pays. Bien sur il y a toujours ces multiples boutiques qui vendent des posters de propagande communiste où l’oncle Ho est présenté comme étant aussi sympathique qu’ Uncle Ben’s, (pas sure que ce soit toujours un succès). Mais il y avait aussi des magasins tenus par cette nouvelle génération d’entrepreneurs qui ont faim de perfection, et de réussite ; bref de tout ce qui est proscrit par le régime, mais que le régime ne peut (ou ne veux ?) aujourd’hui plus endiguer.  Nous avions des architectes, des créateurs, des designers. 

Plus loin, la place était laissée aux immeubles modernes et fiers qui défiaient le ciel et étaient le siège de quasiment toutes les entreprises Vietnamiennes en même temps que d’être le siège d’écrans géants aux publicités incessantes.

- « Viens on traverse » me lança Flo comme si c’était anodin. On pose un pied sur la route, on entend le grondements des moteurs qui ne semble pas si éloigné, on tourne la tête pour voir le cortège déjà décrit foncer sur nous (là je vous décris le truc au ralentis pour une meilleur appréciation de la situation mais en vrai ça s’est joué en 1sec à peine). On s’est donc mis à courir comme des moutons jusqu’à en perdre la laine. Nous arrivâmes sur l’autre rive sains et saufs au moment même ou le grand méchant loup était à notre niveau. Il n’y a rien à faire, pour traverser au Vietnam, il faut se lancer et prier.

La circulation au plus bas: à minuit
Ce soir là comme chaque soir depuis que nous étions à Saigon, nous décidions d’aller sur la place centrale, ou place du marché, pour attendre les entrainements de Kung Fu. Il s’agissait d’un groupe d’une vingtaine de jeunes en tuniques noires qui s’exerçaient pour la pratique de cet art martial. 

Un enracinement avant le décollage
Tout était réuni pour participer à la magie du moment: au premier plan les jeunes en tunique noire à faire des grands écarts et des pirouettes (cacahuètes) dans l’air, au second plan le vieux marché de Saigon qui a échappé à la démolition lorsque la ville a été prise, et au dernier plan les tours modernes dans leur habit de lumière. Le présent, le passé, le futur. 

En pleine pirouette cacahuète
Alors que nous étions assis à regarder ce spectacle, et comme chaque soir ici, des étudiants nous demandèrent s’ils pouvaient parler avec nous pour améliorer leur anglais. Nous entrions alors dans des discussions qui mêlaient personnel, échanges sur nos pays respectifs, visions politiques, religieuses… Tous étaient ambitieux, avides de plus de connaissances et bosseurs. Beaucoup jonglaient avec plusieurs postes professionnels, et n’avaient que quelques heures de détente qu’ils décidaient d’exploiter pour améliorer leur anglais. Ca nous paraissait fou. Mais ça faisait du bien à voir et à entendre ! Lorsqu’un groupe avec qui nous parlions s’éclipsait nous n’attendions pas plus de 5 minutes avant qu’un autre groupe nous fasse la même demande.

Voilà donc ce qui constituait le décor et le fond de nos soirées Saïgonnaises. 

Un jour, alors que  Flo s’occupait de la maintenance du très célèbre site « sur la  route des tongs et du riz », je décidais d’aller visiter la ville en compagnie de Hang, une voisine de notre guest house avec qui j’avais sympathisé la veille. 

Pendant que je découvrais émerveillée la vieille ville, Hang la redécouvrait avec nostalgie et tristesse. 

Bien que dotée d’un passeport français, hang connaissait cette ville mieux que tous nos autres compatriotes pour y être née, y avoir grandi dans un milieu intellectuel privilégié, et enfin y avoir été chassée par les communistes du nord. 

La suite de son histoire de poursuit en pleine mer sur une embarcation de fortune en compagnie de centaines d’autres « boat people » en direction de Singapour. L’embarcation n’atteindra jamais sa destination puisqu’elle fût arrêtée par les garde-côtes Malais.

Les passagers alors débarqués en Malaisie ont été placés dans des camps de réfugiés. 

De là commençait leur recherche d’un pays d’asile. Seuls quatre pays accueillaient les quelques 2 millions de réfugiés : Le Etats Unis, Le Canada, La France et l’Angleterre. 

Hang fit directement une demande en France, langage dont elle avait appris les rudiments à l’école de Saigon. Sept mois plus tard, la France l’acceptait. 

Et c’est ainsi qu’à 17 ans Hang se retrouva à la fois en CE1 pour suivre les cours de français et en terminale pour les autres cours. 

Aujourd’hui, c’est son fils qui a dix sept ans et à cette occasion elle décida de lui montrer son pays d’origine et par la même d’y revenir pour la première fois. 

Alors que son fils faisait une excursion de 4 jours au Laos, elle me proposa de me faire découvrir son Saigon à elle, et bien évidemment j’aurais été folle de refuser.

La ballade commença au vieux marché couvert, là elle me fit gouter les spécialités et notamment les bonbons à la mangue et à la passion, des sortes de soupes, toutes sortes de raviolis à base de pate de riz fourrés tantôt de légumes tantôt de viandes. Pour la première fois de notre voyage, je visitais un marché sans avoir à me préoccuper de ce que je pourrais manger ou non, de ce qui était trop épicé ou pas. Tandis que nous déambulions devant le poisson séché, les soupes fraiches, les épices, les lézards et grenouilles dans des bouteilles d’alcool (à boire oui oui !) et les fruits secs, Hang me raconta une anecdote qui lui était arrivée la vieille dans ce même marché. Alors qu’elle achetait des produits pour son fils et qu’elle sortait un bout de papier pour écrire en français ce qui était dans chaque sachet libellé en vietnamien, un homme en civil s’approcha d’elle, c’était un espion du régime qui exigeait qu’elle lui montre le papier sur lequel elle écrivait. Comme il fallait s’y attendre l’homme du gouvernement ne compris rien de ce qui était écris et dit à Hang « Je te donne 10 minutes pour déguerpir, si je te revois après je t’embarque ». 

Voilà un côté du Viêtnam que nous autres étrangers ne vivons pas dans ce pays qui, à certains égards, nous semble être un paradis. Mais nul doute que la vie des vietnamiens est aujourd’hui encore surveillée de très près. En témoigne la persistance des « boîtes rouges » qui sont des boites de dénonciations anonymes. De merveilleux outils de délation. Nous ne sommes pas parvenus à trouver ces fameuses « boîtes rouges » décrites dans le routard, mais peut-être que notre oeil était trop innocent pour y prêter attention. 

Après cette escale culinaire, direction une petite rue qui devait abriter sa maison. Mais au lieu d’une maison, on avait un grand hôtel de béton et sans charme sur son emplacement que la famille d’Hang  a été contrainte de céder au régime. Il s’agit donc désormais d’un «hôtel gouvernemental », qui comme tous les autres hôtels gouvernementaux proviennent des biens spoliés aux « réfractaires au régime ». 

Devant sa "maison"
Hang était émue et on ne s’attarda pas. 

Ensuite direction la cathédrale Notre-Dame de Saigon à l’architecture européenne et enfin la magnifique Poste centrale. Mais évidemment on ne peut dire magnifique sans dire français (Cocorico). Et oui, la Poste centrale est un beau témoignage de la période coloniale et sa charpente métallique a été conçue par Gustave Eiffel, lui même ! Aujourd’hui encore elle fonctionne sous l’œil attentif (ou la surveillance policière) d’Ho-Chi-Minh dont le portrait trône en plein centre de l’édifice.

Notre Dame deSaïgon

La poste: Ho-Chi-Minh veille

C’est avec un brin de tristesse qu’on quitte LA perle d’Asie du Sud-est pour rejoindre le Cambodge où le régime communiste s’est surpassé : plus de 20% de la population a été exterminée en 4 ans seulement… Bienvenue dans l’horreur.

PS : Nous rencontrons actuellement de très grosses difficultés à accéder à notre blog hébergé par google car nous traversons des pays où facebook et google sont sensurés. Florent est obligé de prendre le contrôle de l’ordinateur de sa mère (en France) pour accéder au blog, et poster des statuts facebook. Du fait de cette complication, nous ne pouvons pas actuellement mettre les albums photos. Nous le ferons dès qu’on entrera dans un pays qui nous le permet et vous tiendra bien entendu informés. 

lundi 18 août 2014

De Hoi An à Dalat : Un peu de sport ça fait du bien

C’est sans regret que nous quittons Cat Ba pour rejoindre la superbe ville d’Hoi An au centre du Vietnam. Pour nous y rendre, une seule solution s’offre à nous : la plus économique, il s’agit du bus bien évidemment. On nous annonce une nuit dans le bus (on économise sur la nuit d’hôtel comme ça) et une arrivée à 10h du matin. En gros une petite quinzaine d’heures. Ca ne nous fait pas peur, on n’a l’habitude, et c’est donc sereins que nous tâchons de nous endormir.

Les sleeper bus du Vietnam
Il est 9h30, mon téléphone vibre pour m’annoncer notre prochaine arrivée. Je ne peux pas dire qu’il me réveille réellement car à part les ronfleurs habituels, peu de gens arrivent à fermer l’œil dans le bus (même quand il s’agit de « sleeper bus »). Alors que nous émergeons doucement, l’heure tourne et il est rapidement 10h30. Je commence à regarder la carte du pays que l’on trouve sur tous les guides tout en essayant de déchiffrer le nom des villes que nous traversons afin de nous situer sur la carte. Comme je m’y attendais je ne trouve rien, mais ça valait la peine d’essayer… Enfin dire que je ne trouve rien est un peu réducteur, car je trouve effectivement une petite ville à peine à mi-chemin qui semble porter le nom de celle que nous venons de traverser. Mais il ne peut pas s’agir de la même puisque nous devons arriver bientôt. Je me trompais…
Il est midi et demi, et le bus s’arrête enfin. C’est la pause déjeuner. Sibylle commence à regarder le chauffeur de travers car nous n’avions prévu de rester à Hoi An que 2 nuits en pouvant profiter de cette journée presqu’entière pour visiter. Quant à moi, j’en ai déjà marre, on aurait pu prendre l’avion si Madame n’en avait pas une telle peur. Enfin, il ne reste plus qu’à prendre notre mal en patience et espérer arriver prochainement.
Et de la patience il va nous en falloir, car après avoir demander au chauffeur ce qu’il en était, celui-ci nous répond qu’il ne faut pas compter arriver avant 18h. Moi même j’ai du mal à me contenir, je vous laisse donc imaginer l’état critique dans lequel cette information va mettre la si douce Sibylle. La goutte qui fera déborder le vase sera la pause dîner à 18h pendant une demi heure. Quand on pense arriver dans la matinée, assister au coucher du soleil dans un bus ne correspond pas vraiment à ce que l’on avait prévu, surtout lorsqu’on arrive enfin à 19h à la gare routière de Da Nang, chef lieu de la région et située à une quinzaine de kilomètres de Hoi An. Là encore nos nerfs vont être mis à rude épreuve lorsque l’on nous annonce que le dernier bus pour Hoi An vient de partir et qu’il faut attendre le lendemain 6h du matin pour le prochain. Alors que nous sommes encore sous le choc de la nouvelle, un moto-taxi nous accoste, nous proposant de nous emmener. Après d’âpres négociations, il accepte de nous prendre avec un de ses collègues et nous arrivons enfin à Hoi An pour la soirée.
Hoi An la nuit
Le voyage de Chihiro
Nous sommes déposés en plein cœur de cette ville classée au patrimoine mondial de l’Unesco, et c’est un choc. Nous attendions beaucoup de cette étape, mais là on a du mal à se rappeler que l’on est sur terre. Tout nous pousse à croire que ce voyage interminable nous a transporté dans l’univers fantastique de Hayao Myazaki, ou plus précisément dans l’un de ses plus grands chefs-d’œuvre : le Voyage de Chihiro. 

Dans un pousse-pousse abandonné
Les rues sont entièrement éclairées par des milliers de lanternes de toutes les couleurs, les maisons qui les bordent sont toutes plus extravagantes les unes que les autres. Elles sont d’un style architectural purement chinois : des portes ou des fenêtres rondes, des toits aux extrémités recourbées et magnifiquement décorées de dragons, et autres nagas de la mythologie chinoise. Alors que nous recherchons un endroit où dormir nous tombons face à face avec l’une des merveilles de la ville, le pont-pagode japonais construit à la fin du 16e siècle et réputé indestructible pour avoir résisté à toutes les catastrophes connues par la ville depuis sa construction. 
Sib fait coucou du pont japonais
Après l’avoir admiré pendant un certain temps nous décidons de le traverser pour rejoindre un autre quartier de la ville. Quelques mètres plus loin nous trouvons une chambre d’hôte (l’une des seules présentes dans la zone classée) tenue par une charmante vietnamienne d'un certain âge et parlant parfaitement le français. La maison est typique de la ville : 4 à 5 mètres de large pour une profondeur excédant les 20 mètres. On y trouve une salle de séjour dans un coin duquel se situe l’autel aux anciens, deux chambres se trouvent au fond de la maison suivies d’une petite cour qui accueille la cuisine extérieure. Tout le mobilier est traditionnel avec de grands meubles en bois incrustés de nacre, et des commodes et armoires laquées et décorées de dragons. Le confort y est assez rudimentaire mais on ne peut rêver mieux, et c’est avec soulagement que nous déposons nos sacs pour découvrir plus en détail cette ville tout droit sortie de l’imaginaire.
Notre guesthouse toute en longueur
Nous traversons donc à nouveau le pont en nous extasiant puis nous dirigeons à nouveau vers les rues principales. Cette fois-ci, sans les sacs sur le dos, on a le temps et on admire. Sibylle découvre rapidement un tailleur qui propose de jolis modèles de robes et de manteaux. On n’est pas vraiment là pour ça, mais bon ça ne coute rien de regarder. Quelques échoppes plus loin j’en trouve un autre, et puis encore un (ou plutôt 100)… Ce n’est pas la peine de vous faire un dessin, Hoi An, c’est LA ville du Vietnam pour se faire faire une robe ou un costume sur mesure, il y a des tailleurs toutes les 2 boutiques. Ils ont des modèles assez beaux d’ailleurs, mais, selon Sibylle, autant leur apporter des sacs plastiques tellement leurs tissus sont de mauvaises factures (150% acrylique). Je n’y connais pas grand-chose, mais j’acquiesce volontiers, ce qui a pour effet bénéfique que l’on ne s’arrête plus devant chaque magasin.
Une cuisine fraîche et délicieuse
Bref on part diner sur les rives de l’estuaire où l’on découvre un sympathique restaurant qui propose les spécialités locales ainsi qu’une superbe vue sur la ville illuminée. Et des spécialités, y en a. Tellement qu’on ne sait pas vraiment par où commencer. C’est aussi ça le Vietnam de véritables spécialités selon la région. Sibylle finit par se décider sur un plat au nom enchanteur, les Roses Blanches d’Hoi An. Celles-ci sont en réalité des raviolis aux crevettes en forme de fleur et d’une finesse exquise. Il n’y a qu’une seule famille à Hoi An qui connaisse les secrets de la recette et c’est elle même qui approvisionne tous les restaurants de la ville. Quant à moi je finis par jeter mon dévolu sur le Cau Lau, une soupe de nouille au porc que l’on ne trouve qu’ici et qui concurrence aisément tous les autres plats de nouilles que j’ai pu essayer lors de notre voyage. Une pure merveille !
Le Cau Lau
Un filet de pêche et son mécanisme dans le port
Le lendemain nous décidons de visiter certains des nombreux sites ouverts au public. Ces visites s’avérèrent sans grand intérêt car elles ne consistaient généralement qu’à entrer dans la maison, payer son entrée puis accéder à la pièce principale où l’on nous fournit une brochure explicative très généraliste et enfin repartir, aucune des autres pièces à vivre n’étant ouverte au visiteur. Au bout de 3 maisons nous décidons donc de déambuler dans la ville et de découvrir (gratuitement) d’autres maisons du même style, mais devenues magasins, cafés ou restaurants.

L'intérieur d'une maison devenue restaurant
Une rue paisible où l'on ne circule qu'à vélo

Deux jours passent bien vite lorsque l’on passe de bar en restaurant et nous nous retrouvons rapidement dans le bus pour Dalat, une ville dans les montagnes entre Hoi An et Saigon (Ho Chi Minh Ville), et ayant pour particularité de bénéficier d’un climat tempéré proche du notre.
Cette étape que l’on n’avait pas prévu au départ nous a été conseillée par de nombreux voyageurs comme étant incontournable. En effet, il s’agit de l’unique destination au Vietnam où l’on puisse pratiquer le Canyoning, un sport que nous affectionnons tous les deux pour l’avoir découvert à Bali puis pratiqué dans les Pyrénées. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit de descendre une suite de cascades (5 ou 6 en l’occurrence) soit en rappel, harnaché avec du matériel d’escalade, soit en sautant ou en glissant sur des toboggans naturels.

Bref, nous voici donc à Dalat pour faire du Canyoning. En arrivant, on réalise rapidement que le tourisme de la ville n’est vraiment dû qu’à ce sport, et l’on trouve des agences partout. Elles proposent toutes le même parcours à peu près au même prix (20 euros) ce qui n’’est pas cher du tout comparé à nos précédentes expériences. Alors que nous réservons notre excursion pour le lendemain, Sibylle s’assure qu’il n’y a pas trop de sauts car elle n’aime pas ça. On lui assure que lors des sauts il y aura toujours la possibilité de descendre autrement.

On attaque la journée par une balade en voiture qui nous emmène à quelques kilomètres de la ville. Après nous avoir donné les instructions d’usage, nous commençons la descente. On se rend rapidement compte que si nos expériences précédentes nous donnaient l’impression d’être seul au monde, cette fois-ci, l’itinéraire est une véritable autoroute de touristes comme nous. Les premières cascades se passent bien jusqu’à ce que notre instructeur nous annonce la prochaine cascade. Pour celle-ci, nous n’avons pas de corde assez longue du coup on doit se laisser tomber en arrière pour une chute de 4 m. Ceci m’enchante, mais Sib beaucoup moins et elle décide de ne pas la descendre. Cette décision ne va pas plaire à notre guide qui va presque hausser le ton envers Sib, ce qui ne va pas l’encourager mais la braquer. Et Sib fera donc le tour de la cascade à pied (ce n’était pas vraiment la façon dont on imaginait la journée…). Quant à moi je fais la descente et me laisse tomber pile au moment ou je ne sentais plus de corde sous moi. Quand on est lessivé par l’eau de la cascade, la chute ne paraît pas si longue, et je ressors de l’eau assez fier de moi.
Descente en rappel (je suis au dessus)
La deuxième grosse difficulté de la journée consiste en un saut dans le vide. Différentes hauteurs sont possibles : 6m, 8m et 11m. Evidemment je décide d’essayer le saut de 11m, et Sib de… descendre à pied…
Je ne suis pas le seul à choisir le plus haut. Presque tous les hommes prennent celui là. Nous voilà donc perchés au sommet de la cascade à nous encourager pour trouver le courage de sauter. La difficulté consiste à prendre suffisamment d’élan pour ne pas heurter la falaise en contre bas. Quand vient mon tour, je réalise que le plus dur n’est pas tant de sauter que de faire le premier pas de course. En effet, une fois qu’on est parti, il est impossible de ne pas sauter au risque de se faire vraiment mal. Heureusement l’un des types restés en haut commence un compte à rebours. 3…2…1… Ca y est je cours, je saute et ….YOUUUUHOUUUUU  je vole, eeeeeet PLOUUUUF.
Un petit saut de 11m ça donne ça
GENIAL je le refais et c’est parti pour une dizaine de sauts pendant que Sib me regarde en bas. L’un des mecs qui voulaient le faire n’a pas pu et a fini par descendre par le même chemin que Sibylle.
Sibylle en plein effort dans l'étroit goulot de la Machine à Laver
On finit par repartir, pour arriver à la dernière cascade, surnommée « la Machine à laver ». Cette fois, pas de saut, mais une réputation qui fait peur. En effet, cette chute d’eau a pour particularité de vous aspirer vers le fond, de vous faire tourner 2 ou 3 fois avant de vous recracher comme un vieux morceau de poisson avarié que l’on aurait avalé. C’est la cascade la plus redoutée et l’une des filles de notre groupe ne souhaite pas la faire. Là encore le guide s’énerve à moitié pour finalement lui céder et demander d’attendre à côté. Sibylle passe avant moi et ressort saine et sauve. Quand vient mon tour,  je commence en rappel, j’entends l’instructeur me crier de me décaler plus à droite, je glisse à moitié mais réussis à me stabiliser. A cet instant je mets mon premier pied dans l’eau qui gronde sous moi. Pour cette descente, la chute d’eau est enclavée dans un tout petit espace ce qui rend le courant encore plus fort. Alors que je ne vois plus du tout ou je dois mettre mes pieds, je réalise qu’il n’y a plus de corde, mais c’est trop tard. Je suis aspiré dans l’eau, et ne sait plus où se trouve la surface, pour un instant seulement car le gilet de sauvetage, lui, ne se trompe jamais. Me voilà sorti d’affaire, mais quelles sensations. Sibylle aussi a l’appréciée. C’était peut être la plus difficile mais également l’une des plus fun (après les sauts selon moi).
Comme c’était la dernière des 6 cascades, et on entame la marche de retour.

Une fois rentrés, nous prenons nos billets pour Saigon, la dernière étape de notre séjour au Vietnam.

N'oubliez pas l'album ici et le Bisou d'Ailleurs

mercredi 13 août 2014

La baie d'Halong: Levez le rideau

N'hésitez pas à jeter un coup d'oeil à l'album photo en cliquant ICI
ainsi que les bisous d'ailleurs en cliquant ICI


Il y a des lieux qu’il nous est interdit d’éviter.

Pourquoi ? Parce que le qu’en dira-t-on nous fait trop peur. Du coup, il dirige nos vies.
Ainsi oseriez-vous dire « J’ai visité Paris » si vous n’avez pas visité la Tour Eiffel, où encore « J’ai fait l’Egypte » si vous n’y avez pas vu les pyramides ?

Ainsi en est-il de la baie d’Halong ; quiconque a vu le Vietnam, a nécessairement vu la baie d’Halong.

Cédant à la pression du très populaire qu’en dira-t-on, il nous fallait donc planifier notre visite à la très (trop) touristique baie d’Halong.

Mais évidemment, on veut éviter de vivre l’expérience à la manière de tous les touristes ; il nous faut trouver THE bon plan pour explorer cette merveille comme si nous étions ses découvreurs.

Au lieu d’aller directement à la baie d’Halong avec les énormes ferries qui partent du continent, nous avons jeté notre dévolu, pour quelques jours, sur l’île de Cat Ba, une île de la baie de Lan Ha située au sud de la baie d’Halong et prétendue moins touristique. Ce choix nous permettrait, pensions nous, d’une part de voir la vie au milieu d’une baie d’énormes pitons rocheux et d’autre part de profiter de la baie d’Halong sans les touristes en louant un petit bateau ou quelque chose du genre.

Deux bus et un bateau nous ont donc permis d’arriver sur l’île de Cat Ba. Alors OUI, la baie est belle. Très belle. Mais… nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée de passer par Cat Ba pour explorer Halong.

On arrive à l’Hotel, l’hôte nous annonce ses prix et Flo accepte. Je le regarde avec de grands yeux accusateurs. Il n’a rien négocié et ça ‘est un crime pour des backpackers qui se respectent. Je tente donc de faire baisser les prix mais je ne bénéficie toujours pas du soutien de Flo. Du coup l’hôte, tel un enfant satisfait d’une divergence de ses parents, paraît inflexible. Ca ne manque pas l’engueulade n’a pas pu être évité et le spectateur semblait s’en délecter : il ne baisserait pas ses prix parce qu’il avait le soutien de Monsieur… et Monsieur, dans ces pays là, c’est mieux que Madame.

J’en peux plus… je me casse et chacun dormira dans son hôtel ! Je pars donc seule.
Ca y est j’en ai trouvé un à un prix convenable et bien sur, comme c’est le cas partout au Vietnam, j’ai négocié le prix du coup il a encore baissé. A ce moment là Flo arrivait pour recoller les morceaux (ba ouai c’est rarement l’inverse). Il s’excusa affirmant qu’il s’était rendu compte qu’en effet on pouvait négocier… Bref on repart donc ensemble au premier hôtel qu’il avait déjà payé et on s’y installe dans une ambiance électrique. 

Histoire de rajouter de l’huile sur le feu, mon ordinateur nous faisait pour la deuxième fois son arrêt cardiaque ; il ne s’allumait pas.

Mon humeur était … bref. Allons nous trouver un petit bateau pour explorer la baie d’Halong.

Finalement à défaut de pouvoir trouver quelque chose à notre gout, on est obligé de passer par une agence qui nous prévoit de partir avec une sorte de bateau de pêche sur lequel on sera une vingtaine de touristes… Exactement ce qu’on voulait éviter quoi. Mais bon on n’avait pas trop le choix. Et le comble c’est que cette « agence » n’est autre que notre hôtel. Comme vous pouvez vous en douter, j‘étais aux anges.

Il fallait vite, très vite, aller se coucher pour que cette journée s’arrête.

Un rêve dans la nuit?
Le lendemain nous montions sur une frégate qui n’avait rien à voir, mais alors rien à voir avec une jonque aux voiles pourpres des découvreurs d’un temps révolu: C’était, comme promis, un bateau de pêche qui prenait la direction de la fameuse baie d’Halong. On n’a pas vraiment vu la différence entre la baie de Lan Ha et celle d’Halong, mais qu’importe c’était très beau. On avait la mer, les pitons rocheux d’un vert luxuriant qui se regardaient dans l’océan et se dressaient de manière désordonnée à perte de vue. 


Greenberg droit devant!
Les paysages changeaient sans changer ; nous avions un angle de vue délimité par ces rochers géants et lorsque nous les dépassions, notre inconscient s’attendait presque à voir un spectacle différent, comme si les rochers étaient les rideaux d’un théâtre et devaient s’ouvrir sur une scène. Mais lorsqu’ils s’ouvraient, d’autres rideaux de cailloux prenaient place sans jamais que ce roulement infini, ne nous déçoive.

Flo en selfie
Parfois, les géants de pierre semblaient se réunir en cercle laissant l’impression à la fourmi que nous étions d’être au centre d’un cirque où l’eau avait remplacé le sable.
Après quelques heures de navigation dans ce labyrinthe aquatique, on sortait les canoë kayak pour explorer le même décor à la force de nos bras. 


On pagaie, on pagaie
Nous avions déjà tenté l’expérience du canoë sur la mer quelques années auparavant et avions alors trouvé l’expérience insupportable. Cette fois, c’est confirmé, c’est insupportable. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de courant fort, du coup on doit pagayer comme des malades, en plein soleil, parce que ça y est, il est midi, et ce pour voir… la même chose que sur le bateau à une ou deux cavités près (celles trop basses pour laisser passer notre meilleur ami à moteur).


Dans les grottes
C’est officiellement nul. Nan, ce qui serait bien se serait de nager au milieu de ce décor.
«Bon on va rendre les canoës et on se baigne lança Flo ». J’acquiesçais. Mais notre entente s’arrêtait là car pour la suite nous n’avions pas les mêmes projets : lui se jetai du haut du bateau pour plonger dans l’eau, et faire des figures au passage, il allait même jusqu’à nager vers d’autres bateaux plus hauts pour leur demander s’il ne pouvait pas sauter de chez eux. En gros, il faisait la même chose que dans une piscine avec plongeoir. Quel intérêt ?!!! Non ne répondez pas, ceci était une question rhétorique.


Pendant ce temps moi je me baignais à une allure de croisière admirant un paysage jusqu’alors inconnu, jetant un coup d’oeil aux aigles qui faisaient leur ronde pour vérifier si toute la faune habitant les géants inanimés se comportait décemment devant nous. Bref j’admirais là où Flo vivait sa petite routine sans grande exaltation. Jusqu’à ce que…. Hahhaaa une méduse. Je sors, je sors, je sors. Je monte sur le bateau, je regarde l’eau…A nan en fait c’était un sac plastique... tant pis, de toute manière j’ai plus envie d’aller me baigner.


baignade ou plongeons?
Sur le chemin du retour vers l’île de Cat Ba, le bateau passa près d’un village flottant logé en plein milieu de la baie. « La belle adresse !» pourrions nous penser de prime abord. Mais en réalité après avoir visité plusieurs villages flottants nous étions arrivés à la conclusion que la vie sur un village flottant était la pire : pire que dans un slum.

Le village flotant: la misère en beauté
La vie sur l'eau
Les habitants vivent sur un amas de bidons permettant le flottement, dans un climat humide, sans électricité mais avec des générateurs pour cacher les bruits de la mer et accessoirement pour éclairer une ampoule qui hésite à marcher. Ils sont contraints de  déplacer leurs maisons en fonctions des saisons et de l’état de la mer, et leur seul contact avec la terre c’est pour vendre le fruit de leur pêche à des prix négligeables. Ces habitants sont en quelque sorte des sirènes des temps modernes dont la routine est loin de celle d’Arièle.


Pêcheur de la baie
De retour sur l’île de Cat Ba, nous nous empressons de réserver nos tickets de bateau et de bus pour nous rendre à Hoi An. Le vendeur qui n’est autre que notre hôte nous annonce 15 heures de voyage. Ca nous paraît beaucoup mais l’avenir proche allait nous réserver bien des surprises. (ne ratez le prochain article)

Une fois installés dans un bus ou aucun membre de l’équipage ne balbutiait ne serait-ce qu’un son d’anglais, nous faisions le bilan de notre expérience dans la baie d’Halong. C’était très beau et de vivre ça depuis Cat Ba nous a permis d’éviter les hordes de touristes. Mais ne nous y trompons pas, nous n’avons pas eu l’impression de découvrir seuls la merveille, d’être les spectateurs uniques devant ces rideaux verts, ce qui est toujours une déception pour des voyageurs comme nous.

Mais après tout, à part Marion Cotillard dans la pub Dior qui a refusé de prendre les escaliers ou l’ascenseur pour préférer marcher avec des talons de 12 cm sur son squelette de fer, qui peut dire avoir visité la Tour Eiffel de manière différente et unique ?


lundi 4 août 2014

Hanoi : Culture, Culture, Culture

On a fini notre volontariat à Sapa, et c’est après des au revoir émouvants que l’on quitte l’endroit. On vient de monter dans le bus pour Hanoi et Sib est encore touchée par notre rencontre avec le petit Cha. Les filles (Alix et Aude) doivent nous retrouver le lendemain là bas. Le bus va partir dans 5 minutes et on en profite pour récapituler tout ce qu’on a vécu et partager nos sentiments. Justement j’aimerais bien voir les photos que j’ai prises avec mon téléphone… Tiens ? Il n’est pas là… Et merde, je l’ai encore oublié à l’hôtel en train de charger. (Rappelez vous du Népal).
« Monsieur le conducteur, vous partez bientôt ? »
« 3 minutes, bonhomme »
3 minutes ? Je suis laaarge l’hôtel est à 5 minutes en haut d’une bonne volée d’escaliers. Pas grave je tente le coup. Je m’étire et me mets en mode Usain Bolt.
Prêt ? Partez ! Baam je franchis sans soucis le mur du son je gravis les 50 marches d’un bond, je récupère le tél et le chargeur, je saute les marches et arrive à temps pour le bus sous les yeux ébahis des filles qui étaient venues nous dire au revoir. Mission accomplie sans même verser une goutte de sueur. (J’exagère pas du tout)
Le voyage en lui même se passe de manière bien plus paisible que celui qui nous a amené à Dien Bien Phu, ce qui nous permet de nous rabibocher avec les transports routiers.

Une bien belle introduction à Hanoi
Enfin, on arrive à Hanoi, capitale du pays et haut lieu culturel, ancien quartier général des viet congs. Ici on ressent vraiment la fierté de ce peuple qui aura su mettre dehors Français, Américains et Chinois au prix du sang. Bien que la ville se soit parfaitement adaptée à la mondialisation, on voit facilement que l’histoire y est écrite différemment que chez nous.

De drôles de nuages au dessus d'un exemple de globalisation
Le meilleur endroit pour le comprendre, c’est le musée des femmes héroïnes de la guerre contre les USA. Le musée en lui même ne nous aura pas vraiment plu (d’un autre côté on n’aime franchement pas les musées donc…) mais certaines histoires de ces femmes hors normes font parfois sourire tellement le sujet est traité de manière subjective. Ainsi on y découvre une femme surnommée l’Egorgeuse (ou un truc du genre) qui aurait tuée à main nue une cinquantaine d’officiers américains armés, et tout à l’avenant… Les américains y sont présentés comme des monstres libéraux sanguinaires, tandis que le peuple communiste vietnamien se pose en victime (ce qu’il était bien sûr) et justifie tous ses actes. La version du vainqueur est toujours la bonne n’est ce pas ?

Le musée des femmes me passionne du coup on fait des photos débiles
On trouve également à tous les coins de rues des boutiques vendant des anciennes affiches de propagande souvent à l’effigie du tonton Minh (Ho Chi de son prénom).
Mais tout cela donne une identité unique à cette ville qui la rend particulièrement intéressante et nous rappelle sur certains points l’Inde. En effet ces 2 cultures totalement différentes ont gardées leur personnalité sans se préoccuper du reste du monde et sont restées fières de leur unicité. C’est fascinant et il est impossible d’y rester indifférent.
La ville en elle même est belle, avec de nombreuses maisons anciennes, des temples chinois et une particularité : les maisons ne font rarement plus de 3-4m de façade pour une vingtaine de mètres de profondeur. Cela est dû à un impôt aussi stupide que celui sur les portes et fenêtres que nous avions autrefois : les propriétaires sont imposés à la largeur de leur immeuble… Cela donne parfois un aspect un peu curieux voire pas très beau mais bon, dans l’ensemble ça reste l’une des plus belles capitales d’Asie du Sud Est.

Le pont rouge et son île
C’est donc avec beaucoup de plaisir que l’on flâne dans ses rues colorées où de nombreuses surprises nous attendent. La première c’est le pont rouge chinois sur le lac Hoan Kiem et qui mène à un minuscule temple posé sur une petite île. Bien que le passage coûte quelques euros on ne peut pas s’empêcher de nous prendre en photo dessus entouré des nombreux touristes asiatiques venu profiter du pont en amoureux. Un soir les filles (elles sont toujours là) nous emmènent nous dévergonder dans la « rue de la soif » Hanoienne. Ce surnom, on le comprend très vite en arrivant : cette rue tranquille en journée, se transforme, le soleil couché, en un gigantesque bar extérieur. Des dizaines d’établissement propose la fameuse Bia Hoi, une bière brassée sur place et vendu  quelques centimes le verre. Du coup les trottoirs sont envahis par des chaises minuscules et des tables du même gabarit accueillant touristes et vietnamiens (et nous bien sur) pour une soirée bien arrosée. Bref on rigole bien avec les filles et c’est avec un mal de tête en prévision que nous retournons nous coucher bien après le couvre-feu officiel. 

Les processions n'en finissent pas pour l'assomption
Le lendemain, dimanche, et au détour d’une rue, nous apercevons un immense attroupement : des centaines de scooters créent un embouteillage sur une grande place. On s’approche, on se faufile et on commence à entendre une mélodie bien connue de nos oreilles. Il ne s’agit évidemment pas du dernier concert des Rolling Stones (ce qui aurait été pas mal non plus, faut l’avouer), non ça ressemble plus à un Ave Maria. Et les scooters qui bouchent la place, ce sont les croyants qui viennent assister à la messe en extérieur devant la cathédrale. Ca fait un drôle d’effet de voir ces centaines de Viet à la messe, tellement nombreux qu’ils installent des chaises sur le parvis et qu’une partie reste assise directement sur leur moto… Après la Thaïlande et le Laos, où il n’existe pas d’autres religions que le bouddhisme, ça fait du bien de voir autre chose, du coup on reste à la messe et nos maux de tête de la veille passent miraculeusement. C’est vraiment quelque chose qu’on devrait faire plus souvent, je vais essayer de convaincre Sibylle…

Les filles en pleine discussion philosophique au temple de la littérature
Sinon on a également fait 2 musées qu’il ne faut surtout pas rater à Hanoi :
Une prière pour avoir son diplôme
Le temple de la littérature, la première université du Vietnam, avec ses grands jardins, ses portes et ses petits édifices chinois et ses autels. On n’y donne plus de cours aujourd’hui, par contre les étudiants viennent s’y faire photographier à la fin de leur cursus en costume à l’américaine. On y était justement à ce moment précis et ça fournissait une super ambiance à cet ancien lieu d’apprentissage.
Une classe en fin d'année
Nous aussi on se prend en photo là bas pour fêter notre master en voyage
Mais selon moi le musée le plus sympa, c’est le musée d’ethnologie, dans lequel on découvre les nombreuses minorités qui vivent sur le territoire avec leur propre culture. L’intérieur du musée expose donc de nombreux objets traditionnels, des photos et des vidéos expliquant les différents rituels de vie de ces peuples. 
Maison communale au toit immense
Mais le plus intéressant se trouve à l’extérieur du musée, qui a fait déplacer certaines maisons de ces peuplades qui défient parfois l’imagination. Ainsi on en découvre une, perchée sur des pilotis de 5m de haut et surplombée d’un toit à forte pente de 16m, ou bien encore une maison de plus de 60m de long qui permet d’abriter toutes les générations d’une même famille, etc…

Une grande maison pour une grande famille

On a terminé cette épopée culturelle par un spectacle enchanteur fantastique (même si on ne comprend pas tout): les marionnettes sur l’eau.

Les dragons pètent le feu
Il s’agit d’un spectacle traditionnel qui prenait originellement place dans les rizières et qui retrace à travers une dizaine de scènes des évènements plus ou moins mythologiques. Les acteurs ne sont autres que des marionnettes toutes différentes allant du Dragon à l’homme en passant par le canard. Chaque scène est drôle et pleine de rebondissements, le tout rythmé par des chanteurs. C’était vraiment une super expérience que l’on vous recommande.

A la lueur d'une bougie

Après Hanoi, direction Catba et la Baie d’Halong, soyez prêts !

Le petit mot de Sibylle pour Mathieu: Mon Cher Mathieu, je te souhaite un très très bon anniversaire et je te promets de ne pas manquer celui de l'année prochaine; Je resterai à Paris s'il le faut!

Pour l'album photo c'est ici