mercredi 5 février 2014

La sacrée faune de Pushkar

Pushkar, c’est pas très loin de Jaipur, moins de 200km, du coup, on a repris le bus public. Quelques 5 heures plus tard on arrive à Ajmer, à 11km de notre destination. On repart donc pour une demi heure de bus. C’est aussi ça le bus public en Inde, un temps faramineux quelque soit la distance.
On nous avait prévenu, Pushkar c’est calme, cool et y a des animaux. Et effectivement, on est encore sur la route qu’on commence déjà à apercevoir les singes, vaches, chiens errants, dromadaires et autres hippies.
On se trouve rapidement un hôtel pas trop cher, un peu à l’écart du centre (à 5minutes à pied tout de même) et on part se promener. La faune de Pushkar étant très hétéroclyte, ça me paraît être un aussi bon moment qu’un autre pour m’y attarder.

Chapitre 1 : des singes envahissants

Je commence par eux parce que ce sont ces derniers qui nous attendaient lorsque nous franchîmes (et ouais ! usage du passé simple ! ça te cloue le museau hein ?) le col qui séparait Ajmer de Pushkar. Assis au bord de la route ou sur des petits monticules, on aurait dit les gardiens de cette Cité sainte, et puis aussi car ils envahissaient les arbres tout autour de l’hôtel qu’on a choisi.

Un singe papote avec les pigeons
Ceux là sont courageux mais pas téméraires, et quand je leur tendais la main, leur seule réponse fut de partir se cacher bien haut dans les arbres. Dommage, ils avaient l’air plus accueillant que les macaques habituels et leur grandes canines effrayantes, et moins voleurs que certains Babouins…
Cependant, malgré leur présence peu rassurante, on n’aura pas eu à se plaindre plus que ça de ces voisins inattendus.

Chapitre 2 : le cochon pressé

Alors lui, c’est de loin mon personnage préféré du village, qui nous aura bien fait marrer à chaque fois qu’on le voyait. Une petite description des cochons indiens s’impose pour bien visualiser la scène. Ce sont un drôle de mélange de cochons (comme chez nous), de phacochères et de sangliers. Sauvages mais toujours aux abords (voire dans) les villes, ils farfouillent dans tout ce qu’il peuvent trouver comme ordures, ce dont le pays ne manque pas. Ce cochon – qui était d’ailleurs une truie – ne dérogeait donc pas à la règle, et arborait fièrement une crête de phacochère, un peau rose parsemée de taches marrons, une petite queue bien droite et n’était qu’un peu plus petit qu’un sanglier.
Mais ce porc là était bien différent de ses cousins fainéants par cette unique impression d’urgence qu’il dégageait. A chaque fois que nous la voyions (plus-que-parfait cette fois !) elle nous faisait très intelligemment comprendre par son allure décidée qu’une nouvelle de plus haute importance lui était arrivé (surement par la voix des corbeaux) et que rien ne pouvait retarder sa course : la voilà donc frôlant les murs d’un pas rapide et se dirigeant vers cet intéressant tas d’ordures fraîches qu’on lui avait annoncé. Ici comme partout, pensions-nous (comme elle certainement), « premier arrivé, premier servi ».
Je n'ai jamais eu le temps de prendre notre cochon pressé, donc voilà des écureuils aussi vifs que lui

Chapitre 3 : des vaches sans gène

Le phénomène de la vache indienne est bien connu mondialement, mais je ne me lasse pas de l’observer sans comprendre. A mon humble avis, une vache n’est jamais aussi belle, bonne et utile que dans une assiette accompagnée de bonnes petites patates. Mais bon, les indiens ne partagent clairement pas le même avis et pour eux, en tant qu’animal sacré on la laisse tranquille. Il est donc fréquent de voir un embouteillage qui ne se dissoudra que selon le bon plaisir de Madame. Le respect qui leur est octroyé va si loin qu’entre une vache et un piéton, l’automobiliste ou le motard n’hésitera pas une seconde quant à celui qu’il vaut mieux écraser.
Bien au courant de leur toute puissance les vaches sont donc les animaux les plus faciles à approcher, et caresser. Sibylle elle même, s’est vue trouver le courage de tripoter la peau flasque du cou de l’une d’elle malgré de longues cornes peu engageantes peintes en rouge.
Pour ma part et bien que je les trouve fort jolies avec leurs grands yeux sombres et leur robe pastel, je me prends déjà à rêver d’un gros steak bien saignant.

Un bon steak vivant sur son lit de volailles

Chapitre 4 : une vie de chien

Quand tous les autres animaux sont laissés à leurs petites affaires voire même nourris, les chiens errants n’ont eux pas cette chance, et il n’est pas rare d’en trouver certains en fort piteux état. D’autres au contraire, connaissent bien leur rôle, et se laisse adopter et cajoler le temps d’une papouille, pour ensuite retourner à leur train-train quotidien : manger, dormir, manger, dormir.
Le principal problème à être un chien en Inde (et c’est aussi le mien) c’est le végétarisme quasi omni-présent des Hindous. Déjà qu’il est difficile de trouver de la viande au menu, imaginez un peu dans les ordures. Pas facile pour un régime carnivore…
Et c’est d’autant plus dur que de la viande vivante déambule sans cesse tout autour de nous.
Une vraie vie de chien que je partage un peu avec eux.

Deux copains en pleine activité
Chapitre 5 : ces hippies qui n’ont rien compris

Comment dire… Y en a toujours des gens qui ont un peu de retard, mais bon 35 ans ç fait beaucoup. Ce sont les premiers que je rencontre, et franchement, je ne les envie pas.
Ils fument de gros pétards toute la journée, passe 3-4 semaines dans une ville où y a rien à faire et n’alignent que difficilement plus de 3 mots à la minute. On aura tout de même appris que les superbes chaussettes spécialement conçues pour les tongs (avec le pouce de pied séparé) viennent de Katmandou, comment voulez-vous qu’on ne fasse pas d’amalgame ? Katmandou une ville transformée par une génération de junkies qui n’aspiraient qu’à se dissoudre dans les neiges éternelles de l’Himalaya. Et entre nous, franchement, faut pas avoir honte pour porter des trucs pareils.
Pour être gentils, ils sont gentils mais n’y aurait il pas une légère contradiction à faire du Yoga au réveil pour se droguer tout le reste de la journée ?
En tout cas c’est mon avis.

Une prière pour Ganesh
Quant à la ville en elle même, il s’agit d’un haut lieu de spiritualité Hindou (2eme après Bénares). En effet le lac autour duquel toute la ville s’est bâtie aurait, selon la mythologie, été créé par le dieu Brahma en y laissant tomber une fleur de lotus.
Du coup on y observe de nombreux pèlerins venus pour s’y purifier en s’y baignant.
Pour la première fois depuis le début du voyage on aura ressenti une certaine spiritualité.
La baignade des femmes
Après 3 jours de détente, on est tout de même bien content de repartir pour Udaipur, mais cette fois on prend un bus de nuit avec des vrais lits dedans !

dimanche 2 février 2014

Jaipur: Joyau des Maharadjas

Nous voilà à Jaipur, féérique capitale du Rajasthan mais également de la Haute Joaillerie Indienne.


Mais alors que la nuit tombe nous nous hâtons de gagner l’hôtel que nous avions réservé par précaution....

-         «  Bonjour Monsieur, nous avons réservé une chambre basique pour 3 nuits
-         Je suis désolé Monsieur, nous n’avons aucune réservation à votre nom et n’avons pas de chambres basiques disponibles pour ce soir»

Evidemment, la seule fois où je souhaitai que nous prenions nos précautions en réservant sur internet, Flo s’était planté dans les dates de réservation ! Exaspérée, je lui demande des explications et il se contente de me répondre que son doigt « a dû déraper sans qu’il s’en rende compte sur le clavier de l’ordi ».

Certainement gêné par l’engueulade qui s’amorçait, l’employé de l’hôtel nous offrit la suite de luxe au prix de la chambre basique et ce pour les 4 nuits que nous allions passer à Jaipur.

Fier de son « dérapage du doigt sur le clavier », Flo exigea alors des excuses au prétexte que « Grace à lui nous avions la chambre de ouf » !.
Evidemment il les attend encore !

Le lendemain matin nous avions une priorité : faire notre lessive. Nos précédentes destinations ne nous le permettaient pas puisqu’il y faisait froid et humide.
Cette suite chic à l’eau chaude, aux draps secs et à la température décente tombait donc à pic, et allait voir, à peine une nuit après notre débarquement, ses fenêtres être exploitées en sèche linge pour nos tee shirt, robes, calçons, chaussettes, et culottes… Très chic quoi, surtout depuis le jardin de l’hôtel !

Cette corvée effectuée nous voilà partis pour la visite de la ville rose, couleur de l'hospitalité en Inde. Mais… stupeur… il y a erreur sur la marchandise ! La ville est … Orange et non pas rose comme promis.  Bon ca ne fait rien c’est pas mal non plus en orange, donc couleur accordée, en plus ca ferait trop poli poket et poupée barbie le rose, donc va pour le orange.

Alors que nous déambulions au gré du hasard dans la ville prétendue rose, nous tombons nez à nez en face du « Hawa Mahal »,  où Palais des vents , une merveille de l’architecture qui fait penser à une ruche colorée.

Ce palais permettait jadis aux femmes de pouvoir regarder les rues de la ville sans être vues par les hommes ; En gros c’est l’ancêtre de la burka, version bâtiment indou.


Un bisous du Hawa Mahal

Mais si cette construction est une véritable merveille de la rue, sa visite est très décevante. Il  ne s’agit là que d’un observatoire pour les nanas, donc pas de chambres, de pièces de réceptions etc mais simplement un escalier menant à chacun des étages lesquels constituent une sorte de couloir, avec une vue sur la rue. Bref rien de bien passionnant.

Nous passons notre chemin et continuons notre découverte de la ville, qui va de pair avec la découverte de chacun des corps de métiers y exercés, puisque chaque  pâté de maisons est affecté, depuis l’edification de la ville de Jaipur au XVIII°, à un seul corps de métier. C’est super me direz vous, ça doit faire rangé et organisé… Effectivement c’est ce que nous avions pensé de prime abord jusqu’à ce que nous ayons faim alors que nous nous trouvions dans le pâté de maison  situé à l’opposé de celui dévolu à la restauration, ce qui représentait une sacrée trotte.


Une  indienne dans les rues
 Comme vous pouvez vous en douter nous (je) avons pesté, pesté et encore pesté jusqu’à ce que nous trouvions le quartier restauration et là nous (je) avons encore pesté contre la légendaire, mais non moins réaliste, lenteur du service indien.

Ajoutez à la lenteur du service que tous les restaus ici sont végétariens… pour moi ça passe, je ne suis pas une grosse carnivore, mais Flo a du mal et ce d’autant plus qu’on voit des vaches tout les 5 mètres dans la rue de sorte qu’il a envie d’une butter une et de se la faire en méchouis!

Une vache devant son habituel repas

Le lendemain de ce « jour de la faim », nous visitions le « City Palace », Palais des Maharajas de Jaipur, qui appartiens toujours, pour une grande partie, à la famille royale.

Une très jolie tâche dans cette ville monochrome: Il est jaune, couleur de la royauté pour les Maharajas Indous.

A la sortie de ce Palais nous nous faisons accoster par un chauffeur de rickshaw qui veut nous emmener au Water palace, un palais au milieu d’un lac, dont il nous montre des photos.

Evidemment, et c’est le jeux pour faire baisser les prix, nous faisons mine que ça ne nous intéresse pas, mais ce palais sur l’eau me tentait bien…

Après le cinéma habituel (qui cette fois a duré au moins 10 minutes) pour que le chauffeur baisse les prix au maximum nous montons dans son rickshaw, faisons 50 mètres et tombons en rade d’essence… Le chauffeur qui avait passé un temps fou à nous convaincre d’aller au Water palace, puis à négocier avec nous pour le prix, revêtait une mine déconfite …

-         «  C’est pas mon jour de chance », annonça-t-il simplement, en anglais.

Nous commencions pour notre part à nous inquiéter de ne pas pouvoir être au Jal Mahal, le fameux water palace pour le coucher du soleil, et finalement nous avons trouvé, à peine 2 minutes après que le malchanceux nous ai laissé, un autre rickshaw, encore moins cher…

Ca y est nous le voyons, il est là, orange, flottant au milieu d’un lac bordé de montagnes. C’est beau. Très beau. Nous prenons place autour du lac et contemplons sans mot dire ce havre de paix sur un fond sonore de  « Tchaé-cofee, Thae-coffe, Tchae-coffe, Tchae-Coffe » qu’assonait la voix grave et mécanique d’un vendeur ambulant de thé.


Le Jal mahal à la tombée du soir
Autour de nous des locaux s’étonnent de notre présence (il semblerait que cet endroit ne soit pas touristique) et nous regardent avec insistance alors que nous attendions, sans le savoir, la mise en lumière nocturne du Palais sur l’eau.

Le petit Faizan étonné de notre blancheur.
L’arrivée des lumières du château semblait sonner l’heure de fermeture pour les vendeurs et artisans ambulants.
Les femmes qui préparaient une sorte de pâte pâtissière, repliaient leurs tissus sur leurs préparations et les installèrent sur leurs têtes et le vendeur de « Tchae » se rapprochait de ses bidons, qui ressemblent en tout point aux anciens pots à lait en aluminium que nous utilisions en France il y a encore 50 ans, pour les faire disparaître avec lui.

Alors que la vie se dissipait, il ne nous restait plus, nous aussi qu’à nous éloigner de ce spectacle de lumières et d’eau.

En rentrant à notre hôtel, nous faisions la connaissance de Nadia, voyageuse française en quête de spiritualité, autour d’un thé chaud. Elle nous explique que pour elle le seul Dieu qui existe est le « Grand tout » vers lequel l’homme doit tendre ; En gros, la meilleure réincarnation possible serait celle dans toutes les choses, tous les éléments, et dans toutes les formes. A ce niveau là c’était pas vraiment mon délire mais bon mis à part la « spiritualité », cette fille était très sympa.

C’est donc avec elle que nous partions le lendemain à la visite du fort d’Amber, ancienne capitale de l’état de Jaipur, avant que la capitale ne soit transférée au XVIII° dans l’actuelle ville de Jaipur.

Hautain et déserté, le Palais d’Amber construit aux flancs d’une colline couronnée d’antiques fortifications se regardait dans les eaux du lac en contrebas.

Assurément une étape à ne pas manquer si vous passez à Jaipur !

Mélange de l’architecture Rajpoute (donc indoue) et Moghole (donc musulmane) il y en a pour tout les gouts – des plus sophistiqués aux plus simples- au gré des cours, portes et salles.

Fort d'Amber

Donc welcome à Amber, vous serez certain d’y trouver votre compte !









mardi 28 janvier 2014

Agra : Chez les Moghols, les palais c'est pas de la gnognotte

Je commence franchement à en avoir marre du bus, ça fait 6h qu’on est dedans pour faire à peine 200km. Le va et vient incessant des Indiens, qui montent et descendent, la musique bollywood avec le son métallique de vieux téléphones portables, le klaxon quasi-permanent dans les oreilles et les cahots de la route pourrie, c’est ça le bus public en Inde. Et en plus je suis encore malade, avec des courbatures, le nez qui coule et tout et tout !
Enfin, il est 19h il fait nuit depuis une heure, et on vient d’arriver au Bus Stand d’Agra (gare routière pour les intimes). On se fait assaillir par tous les conducteurs de Rickshaw (les TucTucs locaux) pour nous emmener à notre Hôtel. Sauf que nous, on est des baroudeurs, des vrais routards ! On va là où la route nous mène, et du coup on n’a pas de réservation. Juste le nom d’un Hôtel qui avait un seul commentaire sur internet qui en disait grand bien. C’est parti donc pour Vimal Hotel en TucTuc ! On aurait du se méfier, un seul commentaire c’est suspect… Ca ressemble plus à une prison qu’à un Hôtel, situé sur l’axe principal de la ville (n’oubliez pas les Klaxons) et avec un générateur devant qui fait encore plus de bruit que la route. Clairement c’est pas possible, surtout pour le prix qu’ils nous proposent !
Du coup on repart avec notre chauffeur qui nous promet un super hotel « very clean, brand new ». Of course, il est tout neuf, l’hôtel, mais franchement glauque, on largue donc notre chauffeur et on part à pied, pour finalement trouver une petite perle pour les Routards, pas cher, avec des loupiotes partout dans la cour. C’était ça qu’il nous fallait, merci à toi l’Inconnu au turban qui nous l’a indiqué !

Il est 8h du matin, on émerge difficilement, la nuit a été froide (moins de 10°C) sans chauffage. Notre chambre n’a pas l’eau chaude mais on peut en commander un seau pour prendre notre douche, c’est donc chose faite.
En route pour le monument le plus romantique du monde, le Taj Mahal !
Toujours le même manège, on fait sembler de ne pas vouloir de Tuctuc, on se laisse accoster, on négocie, on repart en marchant, on renégocie, on repart et finalement on en prend un autre.
Porte du Taj Mahal
Bienvenue au Taj Mahal, palais de légende et de romantisme, fruit du chagrin d’amour de Shah Jahan, et mausolée de Muntaz Mahal. Mais d’abord faisons un peu la queue, 45 minutes pour moi, 10 minutes pour Sibylle (et oui hommes et femmes sont séparés à l’entrée). On m’a prévenu, pas de briquet ni de cigarettes à l’intérieur. Tant pis pour les clopes, c’est pas cher et j’en ai presque plus, par contre pas question de me séparer de mon fidèle briquet Bic. Je le planque dans un paquet de mouchoir : « lighter sir ? », « no, no just cigarettes », « ok ». Et voilà comment on introduit un produit illicite dans le lieu « le mieux gardé » d’Inde.
Le Taj !
Une grande porte rouge, et derrière, enfin on le voit,…, ah non, encore une porte rouge, ce coup ci c’est bon, il est là : blanc, brillant, symétrique et … dans la brume. C’est beau, très beau, on aime, alors c’est parti pour le mitraillage de photos, comme les milliers d’autres touristes. Pas facile de trouver un bon spot d’ailleurs, y a toujours quelqu’un dans le champ de vision, Oh ! un, deux, trois singes qui sortent de nulle part, traversent les pelouses en quelques bonds, se jettent dans les bassins d’eau éclaboussant tout le monde et repartent aussi vite qu’ils sont arrivés.
Un couple d'inconnus devant le Taj

L’audio-guide aussi vaut le détour, avec un indien qui baragouine un français potable, de la musique d’ambiance mais surtout un grand moment d’anthologie : les pleurs de Shah Jahan après la mort de sa bienaimée. Ouin ouin ouin. Quel jeu d’acteur !
Le Fort d'Agra
Du Taj Mahal, on se rend au Fort d’Agra, et là on s’en prend vraiment plein les yeux ! Sublime, rouge, massif, une sensation d’imprenabilité. Les Moghols ils rigolaient pas avec les châteaux.
Une impression de voyage dans le temps qui va nous suivre jusqu’à Fathehpur Sikri, notre prochaine destination.

La porte du Fort d'Agra
Une nuit et 1 heure de bus plus tard, on y arrive d’ailleurs, à Fathehpur. Et là encore on se croirait dans un conte des milles et une nuit (chez Aladin quoi). Des grosses portes à l’entrée de la ville, des petites rue avec des tentures pour se protéger du soleil, des échoppes qui vendent des épices, des fruits et des friandises. 
Une rue de Fatehpur Sikri
On suit une petite rue qui monte, et on accède à la Mosquée historique de la ville. Là encore, émerveillement et regards extatiques sont de rigueur, puis de l’extase on passe à un étonnement mêlé de crainte : une dizaine de nids de guêpes immenses sont accrochés sous la voute du porche de la mosquée. Des millions d’insectes nous survolent, à tel point qu’il pleut littéralement du pollen et que le sol en est devenu jaune.

La porte de la mosquée avec les nids de guèpes (les taches noires sous la voute)
On se précipite alors à l’intérieur, après avoir retrouvé 2 français de notre auberge, Gérard, photographe, et Sophanavy, franco-cambodgienne. La cour intérieure est immense, toute rouge et magnifique, on imagine facilement les milliers de pierres précieuses qui, incrustées dans le grès, décoraient l’intégralité des portes (20m de haut quand même). Un tombeau blanc abrite la dépouille du saint soufi qui aurait prédit la naissance du futur empereur Jahangir.
Direction le Palais d’Akbar, un peu plus loin, une merveille de la taille d’une petite ville. Je vous assure que la vie d’Empereur à l’époque ca donne envie. Je note, entre autre, le bassin d’eau de rose qui était situé sous les fenêtres de l’Empereur afin que, portée par le vent, l’odeur se répande délicatement dans ses chambres. Sinon il avait aussi 3 femmes, « ce qui est pas mal, mais pas top non plus ».

Un bisou de Fatehpur Sikri
On quitte alors nos amis français d’un jour après un échange de conseils précieux, et on repart pour 5h de bus vers Jaipur, la Ville Rose (non non pas Toulouse), capitale des Maharadjas.



samedi 25 janvier 2014

Delhi : Des Klaxons, encore des Klaxons

Le vol s’est super bien passé, je viens de récupérer mes bagages et attends avec impatience nos retrouvailles. Mais le truc bizarre, c’est qu’elle n’est pas là… Heureusement que c’est pas l’inverse parce que sinon ça aurait chié des bulles, m’enfin bon ça peut arriver d’avoir un peu de retard dans ces pays là. Bon évidemment ça se fait toujours d’envoyer un texto ou de répondre au tel quand on a 35 min de retard m’enfin bon je n’ai eu QUE 7h40 de vol, alors…
Je poireaute comme un bon jambon (ça me manque déjà tiens), et la voilà qui arrive toute pimpante : « youhou Nounou, j’ai pris le métro dans le mauvais sens, lalalala , et mon tel était en silencieux, lalalala »
Bref  Sibylle quoi, je tente de faire la gueule mais bon c’est plus son truc à elle ça… et quand même on est bien contents de se retrouver.

DELHI

Y a un mot qui décrit Delhi vraiment très bien : Le BORDEL, ou capharnaüm pour les anciens. Déjà y a pas de code de la route, le klaxon remplace : le clignotant, l’appel de phare, le bonjour, le « casse-toi connard » ou le « attention je passe ». Sur une route 3 voies on passe à 5 facile, donc on ne s’en prive pas mais on s’écarte quand même devant les vaches, les chiens et les gens à pied, à vélo, à quatre pattes ou même sur les fesses de temps en temps…
Evidemment les 5 sens sont sévèrement agressés, des ordures partout, des Klaxons, du monde partout, des Klaxons, des lumières, des Klaxons. Et que ça gueule, et que ça pisse et que ça tire des carrioles avec des bœufs, des chevaux ou des chameaux (plus rares ça), j’ai l’impression d’entendre OSS 117 quand je parle, mais bon, on est 2014 les gars, faut se réveiller !
Niveau bouffe, rien de bien transcendant pour le moment, par contre quand un truc n'a pas assez de goût (assez souvent) on le bourre de piment, du coup ça passe tout de suite mieux.
En tout cas Delhi c’est plein de vie, de couleurs et de belles choses. 

Un vendeur sur Connaught Place


On a quand même pu faire quelques photos devant le Fort Rouge de Delhi (ça avait l'air beau mais il était fermé à cause de la fête de l'Indépendance qui a lieu Dimanche). Enfin voilà quand même les premières images du voyage!

Derrière nous un temple qui fait face au Red Fort...
...Que voici!

Bref on y reste pas longtemps, car on apprend que le festival des couleurs va bientôt commencer au Rajasthan, du coup on reste une nuit, je tombe malade, on prend un bus public pas cher mais interminable, et nous voilà à Agra.